Ma vie d’entrepreneur : qu’est-ce qu’être un bon leader ?

« Ai-je l’étoffe d’un leader ? », « Vais-je réussir à construire une équipe prête à me suivre dans mes aventures ? » Derrière ces simples questions, combien de remises en question, combien de crises de confiance en soi ! Pauline Laigneau, fondatrice de la joaillerie Gemmyo, vous donne sa vision du leadership.

Tout le monde a en tête l’image d’Epinal du chef d’entreprise charismatique et gouailleur. Forcément ! Quel entrepreneur ne rêve pas d’être le futur Steve Jobs, Richard Branson ou Xavier Niel ? Une vision simple et une énergie indestructible… J’avoue que je rêvais moi-même d’adopter les manières et traits de caractère de  l’une de ces légendes de l’entrepreneuriat. Depuis, les mois ont filé, les difficultés se sont accumulées, et j’ai appris une grande leçon d’humilité : avoir du leadership, ce n’est pas simple, et cela requiert autant de charisme magnétique que de savoir-faire bien concret.

Etre un leader, c’est savoir transmettre sa vision

Etre un leader, c’est avant tout savoir convaincre, séduire, bref, transmettre sa vision à son équipe et au monde. J’ai toujours pensé qu’un bon leader doit, tel un général d’armée, pouvoir provoquer l’enthousiasme et l’adhésion de son équipe même quand tout s’écroule autour de lui. Regardez la scène d’entrée du film « Gladiator » : n’est-elle pas enivrante ?

Maximus se dresse devant son armée  pour rassurer ses équipes et les faire adhérer à une cause qui les dépasse, alors même que l’adversité gronde derrière lui – l’ennemi hurle en brandissant des armes et les soldats de la première ligne vont forcément enregistrer des pertes.En vendant sa vision du combat qu’il compte mener malgré tout, en donnant du sens à l’effort qui va mettre à l’épreuve l’armée, Maximus fait ainsi accepter de nombreux sacrifices à ses soldats. En pratique, les Maximus de ce monde ne courent pas les rues : on les trouve plus facilement dans les films que dans la vraie vie de nos jours, mais cela ne doit pas nous empêcher de nous en inspirer.

Etre un leader, c’est faire preuve d’exemplarité

On oublie souvent qu’un leader n’est pas juste là pour donner une vision, il est aussi là pour mener par l’exemple. Maximus, (toujours le même, iI n’y a pas à dire, il est presque aussi fort que Batman) au moment de se jeter dans l’arène, ne demande pas à ses petits copains gladiateurs de passer devant lui face aux lions. Il prend son courage à deux mains et suit lui-même sa vision avant de l’imposer à son entourage. Il légitimise ainsi sa position en montrant qu’il sait et ose faire ce qu’il demande de son équipe. C’est ce retour aux bases qui va permettre au leader de mériter le respect de ses pairs dans la durée.  Il ne suffit pas de donner la direction, il faut soi-même affronter les difficultés aux côtés de l’équipe.

Etre un leader, c’est assumer ses erreurs

Un leader doit prendre de nombreuses décisions, sous hautes contraintes de temps et en se fondant sur une information lacunaire. Beaucoup de gens dans le monde professionnel moderne se rêvent en « décideurs », pour le glamour et l’agressivité du titre, mais oublient la contrepartie : la décision implique mécaniquement un taux d’erreurs non nul. Evidemment, si le taux de décisions malheureuses est trop élevé, le décideur est vite discrédité. Mais supposons que le leader arrive à maintenir une bonne proportion de bonnes décisions…

C’est la façon dont il va assumer ses erreurs, inévitables donc, qui va le distinguer des foules.

S’il manque d’intégrité intellectuelle, il va se dévaloriser aux yeux de son équipe et le magnétisme qu’il essaie de créer s’effondrera vite.

Personnellement, je pardonne très facilement à quelqu’un qui avoue s’être trompé, même si la faute est grave. Je suis beaucoup plus dure avec quelqu’un qui va essayer de dissimuler son erreur sous le tapis. Alors, vous qui testez comme moi votre leadership, apprenez qu’il n’y a rien de pire que de faire preuve de malhonnêteté intellectuelle pour perdre la confiance de ses pairs. Je pense qu’un bon leader assume ses erreurs, qu’il les érige en étude de cas, en situation à ne plus reproduire, et n’en perd pas pour autant sa crédibilité de décideur. Bien au contraire.

Source : lesechos.fr

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