Liquidation d’entreprises publiques : L’Etat recherche 9 milliards de FCFA

8,938 milliards de FCFA, c’est le montant de l’enveloppe que le gouvernement ivoirien a prévu au titre des recettes de privatisation et inscrit au budget 2015. Selon une source qui livre cette information, la stratégie de l’État pour mobiliser ces ressources sera de céder les entreprises de son portefeuille qui ne lui rapportent plus grand-chose. Au nombre de ces sociétés, figurent en bonne place les entreprises du secteur bancaire.

A la vérité, cette volonté affichée par les autorités ivoiriennes de vouloir sortir du capital de certaines banques n’est rien d’autre qu’une injonction des institutions de Bretton Woods qui veulent que l’État se désengage du secteur financier. On se souvient encore du discours tenu par le Chef de l’État, Alassane Ouattara, en février 2012, lors de sa visite d’Etat sur les bords de la Seine, précisément devant le patronat français, au cours de laquelle il a évoqué la privatisation des banques d’État comme la BNI (Banque Nationale d’Investissement), la BFA (Banque pour le Financement Agricole), la BHCI (Banque de l’Habitat de Côte d’Ivoire), la CNCE (Caisse Nationale des Caisses d’Epargne), Versus Bank. De retour en Côte d’Ivoire, un audit de plusieurs structures a été réalisé. Les résultats de cet audit ont conforté l’État dans sa position de privatisation, outre les banques, d’entreprises de divers secteurs d’activités. Cela est palpable avec la liquidation de la BFA qui a commencé depuis l’année dernière.

Outre les banques, l’État veut également se débarrasser de plusieurs entreprises publiques. Cette intention a été formulée au cours d’un récent conseil des ministres tenu en janvier 2015 à Abidjan-­Plateau. D’où des réflexions qui sont déjà engagées en ce qui concerne un certain nombre d’entreprises. Il s’agira, selon certaines indiscrétions, pour l’État, de céder totalement les actions qu’il détient dans ces entreprises publiques, ou une partie de ses actions au privé. Quand bien même la rumeur est persistance en ce qui concerne certaines entreprises de la place, dont nous préférons taire les noms, des voix proches de ces structures ont refusé de se prononcer sur la question. En attendant d’avoir officiellement la liste exhaustive des entreprises concernées par cette liquidation, il faut noter que tout ce remue-ménage répond à un besoin de ressources de l’État. Cela se marque par la présence constante de l’État sur le marché financier, à travers des opérations d’emprunts obligataires. En effet, en plus de la sollicitation du marché financier national et régional, l’État va plus loin pour aller chercher des ressources sur le marché international, à travers les eurobonds.

La ministre de charge de l’Economie et des Finances, Nialé Kaba, a annoncé lors de la cérémonie de présentation de vœux de son personnel, qu’un autre eurobond sera lancé en février prochain. Il y a aussi la pression fiscale qui a toujours été dénoncée par certains opérateurs économiques exerçant en Côte d’Ivoire. Avec à la clé, les objectifs de recettes fixés aux régies financières et qui sont des plus ambitieux. L’année dernière, le ministre en charge du Budget, Cissé Abdourahmane avait demandé à la Direction Générale des Impôts (DGI) de se surpasser pour mobiliser 2.000 milliards de FCFA de recettes fiscales, en lieu et place de l’objectif de 1.559 milliards de FCFA assigné à cette régie financière. Les résultats publiés par la DGI, au finish, ont été de 1.479,7 milliards de FCFA, soit un gap de 79,3 milliards de FCFA. Cette année encore, il est demandé à cette administration de faire davantage en mobilisant près de 1.770 milliards de FCFA. En 2014, il avait été demandé aux Douanes ivoiriennes un objectif de recettes de 1.245,9 milliards de FCFA. C’est clair que les attentes au niveau des Douanes ivoiriennes seront beaucoup plus ambitieuses pour l’année 2015. Tout cela montre à quel niveau l’État a besoin de ressources. Et pour pouvoir réaliser cette ambition, le gouvernement ivoirien regarde les rendements de son portefeuille de sociétés pour sortir celles qui ne lui paient pas suffisamment de dividendes.

La logique est que, si une entreprise ne rapporte rien, mieux vaut la liquider. Le portefeuille de l’État, au 31 décembre 2013, faut-il le noter, est de 83 sociétés dont 32 sociétés d’État et 51 sociétés à participations financières publiques. Le montant du capital social consolidé à fin 2013 est de 452,51 milliards de FCFA ; la part de l’État étant fixée à 254,279 milliards de FCFA, soit environ 56,19%. Les sociétés à participations financières publiques minoritaires représentent 25,38 milliards de FCFA. C’est surtout dans ce portefeuille que l’État va liquider plusieurs entreprises.

Source : L’Inter n° 4991 du jeudi 29 janvier 2015, p.10

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