Judith KOUASSI, Directeur Juridique et Fiscal : « L’idée du genre, ce n’est que la société qui nous l’impose. »

Directeur Juridique et Fiscal du Groupe ivoirien SIFCA, Mme Judith KOUASSI détaille plus avant son parcours, les compétences et l’importance du Directeur juridique pour une firme de cette envergure.

  1. Quel est votre parcours, comment êtes-vous arrivée à ce poste ?

Je suis titulaire d’une licence et d’une maîtrise en droit privé de l’Université d’Abidjan, ainsi qu’un diplôme d’étude supérieur spécialisé (DESS) en fiscalité et droit des affaires.


J’ai intégré le cabinet C2A, affilié aujourd’hui au cabinet KPMG, où j’ai gravi les échelons d’Assistante fiscale jusqu’au poste de Chef de Mission.


4 ans plus tard, la SGBCI m’a débauchée pour le poste de Responsable fiscal que j’ai assuré durant 2 ans.


Le GROUPE SIFCA m’a recrutée par la suite en tant que Responsable juridique. Depuis 2011, j’assure la fonction de Directeur Juridique et Fiscal dudit groupe.

 

  1. Quelles sont les compétences professionnelles et les qualités qu’il faut avoir pour pratiquer ce métier ? Y a-t-il une voie royale ? (Formation) – Perspectives d’évolution?

La formation et une solide connaissance juridique sont de rigueur. Il faut également des compétences techniques en droit et une personnalité rigoureuse. Également savoir travailler sous pression, ne pas avoir peur des challenges et surtout la discrétion demeurent fondamentaux.

 

  1. En quoi consiste votre métier aujourd’hui ? (description des missions)

En tant que Directeur juridique et fiscal, mon rôle est d’appliquer et de faire appliquer le droit sous toutes ses déclinaisons (fiscal, social, normative, légal,…) dans tous les compartiments de l’entreprise.


Mes missions sont à la fois préventives et curatives.


Sur le plan préventif, c’est de permettre à mon entreprise d’éviter les risques puis faire appliquer les normes de façon juste et adaptée à la matière. Le juridique doit favoriser l’optimisation opérationnelle.


Comme j’ai l’habitude de le dire, il ne faut pas faire du juridisme (être formaliste pour être formaliste) mais du juridique (alliage du droit aux attentes des opérationnels) pour faire avancer les autres services de l’entreprise.

Sur le plan curatif, il s’agit de gérer le risque quand il est né et de minimiser le coût du risque.

  1. Quelle est la situation dans l’exercice de vos fonctions actuelles qui vous a marqué?

Les directeurs juridiques font face couramment à des challenges. Lorsqu’un problème se pose en matière juridique, fiscale ou de douanes, le simple fait de résoudre ce blocage procure une fierté indescriptible.

  1. Selon vous, quels dispositifs institutionnels ou organisationnels nos Gouvernants seraient bien inspirés de mettre en place et/ou de favoriser pour faciliter le lien entre vie privée et carrière professionnelle des Femmes décideurs en Côte d’Ivoire? (exemple du temps partagé, travail à mi-temps, travail à la maison, crèches d’entreprises,…)

Le travail à la maison est à envisager. Il faut permettre aux Femmes d’avoir la possibilité de travailler de la maison un jour de la semaine, pourquoi pas les mercredis où les enfants ne sont pas l’école et qu’ils ont des devoirs à faire.


Je ne suis pas pour le temps partagé, parce que cette option n’est ni efficace pour l’employé ni pour l’entreprise, à mon humble avis.


Et je désire relever que généralement les Femmes décideurs ont cette soif de travailler.

  1. Dans l’exercice de votre fonction, estimez-vous subir des inégalités liées au genre ? Des exemples ?

Je n’ai pas encore été victime d’inégalités liées au genre. Au niveau du Top Management qui décide, ils n’ont pas de problèmes liés au genre.

  1. Que pensez-vous de la représentativité des femmes en comité de direction?

Nous constatons de plus en plus de femmes en comité de direction, ce qui n’était pas le cas auparavant. Les dirigeants doivent assimiler que les femmes sont nettement percutantes.


Une femme qui a été nommée selon ses compétences est forcément efficace.

 

  1. Un conseil à l’endroit des jeunes Femmes en Côte d’Ivoire et des Hommes relativement à leur regard sur la femme en Côte d’Ivoire.

Il faut déstresser et comprendre que les hommes et les femmes ont les mêmes chances en entreprise. L’idée du genre, ce n’est que la société qui nous l’impose. Il faut bien que la société comprenne que d’un point de vue technique les femmes font aussi bien le poids que les hommes.

 

Questions subsidiaires : Qui aimeriez-vous lire pour la prochaine interview ? Quel est votre modèle ?

Je désire lire Mariam TOURE, le Directeur du contrôle de gestion de SIFCA.


Et parlant de modèle, je n’en ai pas un en particulier. J’admire juste toute personne vraie dans son travail et qui reste professionnelle.

source : carnetdadresses.info

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Commentaires “Judith KOUASSI, Directeur Juridique et Fiscal : « L’idée du genre, ce n’est que la société qui nous l’impose. »”

  1. Bob Laise dit :

    Pas mal la p’tite dame. Pas mal du tout.

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