JOURNEE DE L’ENFANT AFRICAIN: La déclaration du Gouvernement

Ivoiriennes, Ivoiriens, Chers (ères) compatriotes, Notre pays, à l’instar de la communauté africaine, célèbre chaque année, le 16 juin, la Journée de l’Enfant Africain, instituée en juillet 1990, à travers la Résolution CMRes-1290 (XL) de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), aujourd’hui Union Africaine (UA).

Cette journée célèbre la mémoire des écoliers innocents massacrés à SOWETO, en 1976, par le régime raciste de l’apartheid alors au pouvoir en Afrique du Sud.

Au-delà de cette commémoration, il s’agit pour les États africains préoccupés par le bien-être de leurs enfants et partant, du devenir du continent, de marquer un temps de réflexion sur les conditions de vie des Enfants en Afrique, de faire le point sur la situation de violation des droits de l’enfant et de de renouveler leurs engagements à prendre des mesures appropriées afin d’assurer davantage le mieux-être à l’enfant.

Respectueux de ses engagements internationaux d’une part, et ayant inscrit l’enfant au cœur de ses politiques et programmes de développement d’autre part, la Côte d’Ivoire consacre chaque année une journée à l’Enfant Africain, précisément à l’Enfant Ivoirien.

En écho aux préoccupations de l’Union Africaine, le thème retenu cette année est le suivant : « 25 ans après l’adoption de la Charte Africaine des Droits et du Bien-être de l’Enfant (CADBE) : accélérons les efforts collectifs pour mettre fin aux mariages des enfants en Afrique » avec pour sous-thème « Protection des enfants : la responsabilité des parents ».

Chers (ères) compatriotes,

Au regard du constat fait au quotidien, la situation de l’enfant en Afrique doit être une préoccupation pour tous.

En effet, en plus d’être utilisés comme de la « chair à canon » dans nos guerres absurdes d’adultes, les enfants sont souvent exploités pour accomplir des tâches harassantes, au-delà de leur capacité physique. Ces actes d’inhumanité sont souvent aggravés par des violences sexuelles qui touchent particulièrement la frange féminine.

Selon une enquête menée par EDS/MICS 2011-2012, en Côte d’Ivoire, bien que la loi fixe l’âge minimum du mariage à 18 ans pour les femmes, 12% sont déjà en union avant même d’atteindre l’âge de 15 ans, et 36% des filles de 18 ans ont déjà contracté le mariage.

Le mariage précoce, au-delà des conséquences graves qu’il provoque sur la santé de la jeune fille (lien avec grossesses précoces, VIH/SIDA, etc.), a des effets néfastes évidents sur son éducation, son épanouissement, son autonomisation, et sur sa vie tout entière.

Ivoiriennes,
Ivoiriens,
Chers (ères) compatriotes,

Face à ce tableau concernant la situation de l’enfant en Côte d’Ivoire, particulièrement de la jeune fille, l’Etat, à travers le Ministère de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et de l’Enfant, soucieux de bâtir le développement autour d’une communauté saine, vigoureuse et épanouie, a entrepris un certain nombre d’actions en direction des enfants, notamment :
– la loi relative à l’interdiction du travail des enfants ;
– la vulgarisation de la loi n° 98-756 du 23 décembre 1998 réprimant le mariage précoce des jeunes filles ;
– les dispositions relatives à l’élimination de toutes formes de discriminations à l’égard des femmes (CEDEF) ;
– la vulgarisation de la stratégie nationale de lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG) ;
– l’élaboration d’un plan accéléré de lutte contre les mariages précoces, etc.

Malgré ces efforts soutenus de l’Etat, beaucoup reste encore à faire pour atteindre une amélioration significative de la situation des enfants en général, et en particulier des jeunes filles.

C’est pourquoi, nous nous inscrivons dans la droite ligne du thème proposé à juste titre cette année par l’Union Africaine, pour plaider en faveur d’une synergie d’actions de toutes les bonnes volontés et à tous les niveaux (international, national, communautaire, individuel) pour apporter une réponse globale et multisectorielle sur les causes et les conséquences du mariage précoce des jeunes filles.

Ivoiriennes,
Ivoiriens,
Chers (ères) compatriotes,

Le Ministère de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et de l’Enfant perçoit le phénomène des mariages précoces, des mariages forcés que certaines pesanteurs culturelles rendent encore tenaces, comme un véritable défi à relever. Et c’est tous ensemble, avec vous, parents, que nous parviendrons à le relever.

Ainsi, pour envisager notre avenir commun avec optimisme, organisons nous pour accélérer, dans un effort collectif, la lutte contre les mariages précoces, les mariages forcés de nos enfants, afin de les préparer à prendre une part active à la construction de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique.

Je ne saurais terminer, sans réitérer le vibrant appel à la responsabilité collective et à la mobilisation de chacun, pour débarrasser la Côte d’Ivoire de tout ce qui pourrait constituer des entraves à son développement harmonieux.

Aussi, voudrais-je inviter les parents, en guise d’accompagnement des initiatives de l’Etat, à prendre la pleine mesure de leur responsabilité en faisant de la protection de leurs enfants une préoccupation de tous les instants.

Je vous remercie.

Source : Portail Officiel du Gouvernement

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