GOUVERNANCE AGRICOLE : LES COOPÉRATIVES SE CONFORMENT À L’OHADA

L’atelier national de validation du plan d’action élaboré, dans le cadre de l’appui aux coopératives pour la mise en conformité avec l’acte uniforme relatif au droit des sociétés coopératives prend fin aujourd’hui. Ses travaux ont été officiellement ouverts hier, à Grand-Bassam, par Kouakou Kouamé Apporture, Directeur de Cabinet adjoint du ministre de l’Agriculture. C’est un poncif : «Le succès de ce pays repose sur l’agriculture».

Cependant, il ne peut y avoir de développement agricole durable sans des entités bien organisées et respectueuses des règles de bonne gouvernance. Pour le ministre de l’Agriculture, Mamadou Sangafowa Coulibaly qui, à travers la Direction des Organisations Professionnelles Agricoles, organise cet atelier avec l’appui financier de la Banque Mondiale via le Projet d’Appui au Secteur Agricole (PSAC), ces bonnes règles sont consignées dans l’Acte Uniforme relatif au Droit des Sociétés Coopératives.

Il encourage de ce fait, les 2.856 coopératives déjà immatriculées dans la filière café-cacao à s’approprier les dispositions en vigueur, afin qu’elles réalisent la vision du gouvernement qui mène la lutte pour la promotion d’un environnement global favorable à l’investissement privé dans le secteur agricole, à travers le Programme National d’Investissement Agricole.

L’un des leviers pour atteindre cet objectif majeur, c’est la professionnalisation des Organisations Professionnelles Agricoles (OPA), notamment les coopératives et leurs faîtières, à l’instar du Maroc, comme l’a rappelé Kouakou Kouamé Apporture, le Représentant du ministre de l’Agriculture. Ce qui justifie, du reste, la nécessite pour la Côte d’Ivoire de se doter d’un plan d’action consensuel qui sera une sorte de boussole pour toutes les parties, à commencer par les coopératives.

ENJEUX DE LA COMPÉTITIVITÉ ET DE LA PÉRENNISATION

Les résultats de l’étude diagnostique du Dr Gbede Jonathan et de sa clinique à partir des réalités du terrain, montrent bien l’urgence d’un plan d’action qui exhorte les coopératives à se conformer à l’Acte Uniforme relatif au Droit des Sociétés Coopératives.

Cette étude a permis d’identifier cinq axes stratégiques : harmonisation des statuts et règlement intérieur des Coopératives agricoles ; professionnalisation des coopératives agricoles ; financement des sociétés agricoles ; compétitivité et pérennisation des sociétés coopératives, puis tutelle et suivi-évaluation. Le véritable enjeu, c’est qu’au-delà de l’harmonisation qui est une activité ponctuelle dans la vie des coopératives et qui permet leur existence juridique, comment faire en sorte pour créer des sociétés coopératives viables à travers un développement durable et efficace ? En dehors du secteur agricole, on peut créer des coopératives dans les différents secteurs d’activités. Le plan d’action qui sera validé sera donc implanté partout.

Toutefois, avant de parvenir à la réalisation complète de cet objectif rêvé qui doit devenir réalité afin d’attirer de nombreux investissements dans le secteur agricole ivoirien, de nombreux chantiers sont à bâtir. Dr Gbede observe que les coopérateurs à différents degrés ignorent l’Acte uniforme et les procédures de mise en harmonie des statuts. Il faut donc renforcer leurs capacités puis coupler cette activité avec une campagne de sensibilisation générale en direction des impôts, des tribunaux puis à l’endroit des autorités déconcentrées et des élus locaux.

Au niveau de la professionnalisation des coopératives, les différentes actions de formation devront porter essentiellement sur la gouvernance de la coopérative, le contrôle au sein de la coopérative, les droits et devoirs des membres. Par ailleurs, un accent sera mis sur le suivi et la mise en application des règles fiscales, sociales et environnementales ; le renforcement des capacités des gestionnaires des societés coopératives ; la sensibilisation pour l’autonomisation des femmes et des conditions incitatives pour le retour de jeunes diplômés à la terre par la voie des coopératives.

LE FINANCEMENT, UN VÉRITABLE DÉFI

Le hic cependant, c’est le financement des sociétés coopératives. L’accès au financement demeure un enjeu et une préoccupation majeurs pour ces structures. L’étude esquisse des approches de solutions. La mobilisation et la sensibilisation du secteur bancaire. A court terme, un comité tripartite Etat-APBEF-Coopératives devra réfléchir sur des mécanismes adéquats, réalistes et innovants de financements des coopératives. Un fonds de garantie des investissements et un fonds de développement des coopératives, puis un fonds régional d’entretien des pistes doivent être créés à moyen terme pour pallier ce manque criant de financement. Sinon, comment réussir la compétitivité et la pérennisation des sociétés coopératives ?

Même si l’étude du consultant fait des recommandations jugées assez pertinentes. Les coopératives agricoles doivent au mieux s’approprier les avantages qu’offrent le CEPICI et la Chambre de Commerce et d’Industrie. Elles doivent faire la promotion de la transformation locale des produits agricoles en installant de petites unités industrielles puis inscrire dans les programmes pédagogiques des modules sur le droit coopératif. Par ailleurs, la recherche sur les coopératives en liaison avec les structures comme le CIRES et le CIREJ doit être encouragée.

Source : Fraternité Matin n° 15128 du mercredi 13 mai 2015, p.15

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