Développement durable : « La Côte d’Ivoire ne doit plus transposer des solutions d’ailleurs »

Ingénieur Agricole, Docteur en Ecologie, Auditeur QSE, Consultant ITG et enfin Secrétaire Général de l’Institut Innova DD Internationale. Institut qui a vocation à intervenir sur les problématiques de mises en œuvre du développement durable dans les économies émergentes spécifiquement, M. Bertrand MONFORT était en Côte d’Ivoire à l’occasion des journées interministérielles d’Opérationnalisation du Développement Durable (DD) organisées les 18 et 19 mai dernier. A cette occasion, nous avons interrogé cet expert. Il donne sa vision de ce concept et de son application en la Côte d’Ivoire. Il semble que vous connaissez assez bien la Côte d’Ivoire … A titre personnel, j’étais en Côte d’Ivoire pour préparer un Doctorat d’Ecologie dans les années 80 et depuis j’ai beaucoup travaillé sur les questions de Responsabilité Sociétale, mais également d’Innovation Sociétale et Technologique.

QUE RESSENTEZ-VOUS AU SORTIR DE CES DEUX JOURNÉES DE RÉFLEXION ?

Pour transformer une administration telle que l’administration centrale ivoirienne, au sein des différents ministères, il est absolument essentiel d’être en capacité d’une part, de faire passer un message, à savoir un objectif d’intégration du Développement Durable dans les principes de gouvernance, mais aussi dans les principes d’organisation de l’actualité économique et sociale, et qu’à ce titre là, des accompagnements sont nécessaires. Non pas d’imiter des choses qui auront pu marcher ailleurs, mais pour permettre de faire émerger des solutions à partir de la concertation.

CONCRÈTEMENT, COMMENT VOYEZ VOUS CETTE TRANSFORMATION DE L’ADMINISTRATION IVOIRIENNE, QUI SE VEUT UN PAYS EMERGENT A L’HORIZON 2020

D’abord, ce que j’ai pu constater, c’est qu’il y avait, non seulement, une forte présence des différents ministères conviés à participer à ces journées, mais en outre, leur implication était tout à fait palpable. Moi qui vient de l’extérieur, j’ai perçu les choses de manière assez juste, sur la manière dont chacun prend, à bras le corps, cette réflexion sur la mise en œuvre du Développement Durable et vient avec sa propre réflexion, sa problématique. Et je pense que c’est l’une des clés du succès. C’est qu’on ne soit pas dans une attitude trop monolithique, c’est-à­-dire chacun effectivement a un angle de vue qui, loin d’être contradictoire avec les autres, va converger dans une démarche de changement à bénéfice mutuel, et ce bénéfice mutuel, je pense qu’il vaut non seulement, à partir des Journées Interministérielles qui concernent au premier chef l’administration, mais également dans le secteur privé et au sein de la population elle-même. Alors, bien évidemment, il y a un gros effort à faire encore en matière de communication, d’appropriation des principes et de compréhension de ce que ces pratiques signifient, en terme de comportement citoyen, mais aussi en terme de relations avec la société, avec l’environnement et également avec les administrations elles-mêmes. Donc, il y a nécessité de créer ce mouvement d’ensemble et je pense qu’on a assisté, avec ces journées, à un excellent démarrage.

SI VOUS AVIEZ DES RECOMMANDATIONS À FORMULER POUR QUE TOUT CELA SE TRADUISE EN RÉALITÉ, QUELLES SERAIENT-ELLES ?

Nos recommandations débouchent de cette amorce de consensus interministériel, qui est tout à fait clair. Qu’il y ait un message tout à fait clair, également, qui soit adressé à la société civile, aux citoyens, aux entreprises. D’ailleurs, en ce qui concerne les entreprises, Innova DD International fait partie des interlocuteurs privilégiés, d’ores et déjà, du ministère de l’Environnement, de la Salubrité Urbaine et du Développement Durable, en tant que partenaires. Nous sommes signataire d’une convention de partenariat, les entreprises privées également, dont nous avons un certain nombre qui sont intervenues, de manière ponctuelle et d’après ce que je sais, il y a un projet d’autres rencontres, mais cette fois qui concerneront le secteur privé.

Donc la mise en cohérence, à différent niveau d’interventions et d’actions sur le terrain du Développement Durable me semble être quelque chose à poursuivre, et je vois simplement que c’est en bonne voie. Une erreur, qui est une erreur du passé, qu’il ne faudrait pas reproduire, c’est de vouloir simplement imiter des choses qui semblent avoir marché ailleurs.

Je pense notamment à un domaine qui m’est familier, qui est celui du développement agro-économique. On a essayé de transposer des solutions qui n’en étaient pas pour la Côte d’Ivoire. Ce que je vois aujourd’hui et donc que j’encourage, c’est que les choses sont prises en main directement par les responsables nationaux. Que cela ne soit donc pas une affaire de responsables qui vont pondre des choses qui vont s’appliquer, mais que cela soit véritablement un processus d’entraînement collectif de l’ensemble de la population.

Source : L’Intelligent d’Abidjan n° 3395 du jeudi 28 mai 2015, p.7

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