Des lois justes pour assurer aux femmes l’égalité des chances dans le monde du travail

La non-discrimination entre les hommes et les femmes dans le monde du travail présente un énorme potentiel, tant sur le plan humain que d’un point de vue économique. Malheureusement, ce riche filon reste pour une large part négligé et inexploité. Dans trop de pays, trop de restrictions juridiques dissuadent les femmes de participer à la vie économique, de rejoindre le monde du travail.

Que peut-on faire pour lever ces obstacles? Une récente étude des économistes du FMI s’efforce de répondre à cette question.

Le constat fondamental, est qu’il faut établir des règles du jeu justes et équitables.

Nous pouvons tous mieux faire

Bien que les choses aient un peu progressé ces dernières années, les restrictions juridiques fondées sur le genre sont encore considérables. Dans certains pays elles sont nombreuses. Il y a au moins une restriction majeure en vigueur dans près de 90 % des pays et certains en ont tout un arsenal.

Ces restrictions prennent diverses formes, qui vont de l’obligation faite aux femmes d’obtenir l’autorisation de leur mari pour travailler, jusqu’à des lois qui limitent l’accès des femmes à certaines professions. Ailleurs, la réglementation restreint le droit des femmes à la propriété ou leur droit à hériter ou obtenir un prêt.

Des liens de cause à effet

Notre étude fait apparaître une forte corrélation entre les restrictions juridiques et la participation des femmes à la vie active. Dans 50 % des pays étudiés, l’équité a été inscrite dans la législation. À partir de là, le taux de participation féminine a augmenté d’au moins cinq points au cours des cinq années qui ont suivi.

Songeons à l’énorme potentiel que cela représente. Des pays aussi divers que le Kenya, la Namibie et le Pérou, ont modifié leur législation et en ont engrangé les bénéfices. Il suffit parfois d’amender seulement un ou deux textes de loi.

Le Pérou est un excellent exemple. La nouvelle constitution de 1993 a institué l’égalité des hommes et des femmes devant la loi et a supprimé toute discrimination en garantissant la liberté du travail pour tous. Le droit coutumier (autrement dit, les pratiques traditionnelles) était révoqué s’il s’opposait à cette nouvelle loi fondamentale. Du coup, la participation des femmes à la vie active a fait un bond remarquable de 15 %.

D’autres facteurs entrent bien sûr en jeu. La démographie, l’éducation et les politiques visant à promouvoir les services de garde d’enfants et les congés de maternité favorisent tous la participation féminine au monde du travail.

Mais les droits garantis par la loi sont fondamentaux.

Égalité des chances

Les taux de participation féminine au monde du travail varient considérablement d’un pays ou d’une région à l’autre. Les femmes représentent 40 % de la population active mondiale. Mais au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, 21 % d’entre elles seulement travaillent hors de leur domicile, contre 63 % dans la région Asie de l’Est-Pacifique et en Afrique subsaharienne.

Compte tenu de la grande diversité des situations, il n’y a pas de solution unique aux problèmes de discrimination entre les genres. Il faut agir sur plusieurs fronts, en adaptant la stratégie à la situation et aux normes sociales et religieuses de chaque pays.

Cela dit, une chose est claire. Pour amener plus de femmes à rejoindre le monde du travail et stimuler la croissance, il faut assurer l’égalité des chances, en supprimant les discriminations à l’encontre des femmes. La fin des restrictions juridiques peut se traduire par une rapide progression du nombre de femmes au travail.

La plus grande participation féminine à la vie économique peut à son tour doper la croissance. D’après certaines estimations, si le taux de participation des femmes au marché du travail était porté au même niveau que celui des hommes, le PIB gagnerait 5 % aux États-Unis, 9 % au Japon, 12 % dans les Émirats arabes unis et 34 % en Égypte. Il est donc logique, du point de vue économique, de promouvoir une plus forte participation féminine au travail.

Notre étude montre aussi que la promotion d’une plus grande équité au regard des droits de propriété ou de l’accès à tous les emplois ou toutes les professions ne porte pas nécessairement préjudice à l’emploi masculin. Cela peut être une solution gagnant-gagnant.

Que faisons-nous?

Le Fonds monétaire international étudie la question d’une plus grande égalité entre hommes et femmes principalement au prisme économique. Nous contribuons au dossier par nos travaux analytiques et les bilans de santé périodiques de l’économie de nos pays membres (ce qu’il est convenu d’appeler les consultations au titre de l’Article IV).

Nous constatons que les questions liées à la participation des femmes à la vie active ont d’importantes répercussions économiques, en particulier dans les pays qui ont besoin de nouvelles sources de croissance, par exemple ceux qui accusent un vieillissement rapide de la population.

Il y a certes encore beaucoup de travail à accomplir, mais l’institution de lois et réglementations plus justes est un bon début. En aidant les femmes à réaliser pleinement leur potentiel économique, nous pouvons aussi promouvoir la croissance, la prospérité et la stabilité du monde entier.

À l’heure où le monde est en quête de croissance, les femmes aideront à la retrouver, pour peu qu’elles bénéficient de règles équitables, au lieu de rester prisonnières d’une insidieuse conspiration.

Source : www.imf.org

 

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