Dégradation de l’environnement : La réalité des changements climatiques en Côte d’Ivoire

Au moment où se tient à Paris, la 21ème conférence mondiale sur le climat (COP 21) dans l’optique d’aboutir à un accord visant à limiter le réchauffement climatique à moins de 2°C dans les 25 prochaines années, en Côte d’Ivoire, les conséquences du changement climatique s’accentuent d’années en années. Les différentes saisons sont sorties de leur cycle habituel et le climat global du pays fait face à d’importantes mutations.

Selon les données de la station géophysique de Lamto, spécialisé dans la recherche en sismologie et climatologie (situé à 160 km d’Abidjan sur l’axe Abidjan­-Yamoussoukro), l’évolution du climat ivoirien fait que des villes comme Bouna et Man se retrouvent dans la zone climatique Nord. Et cette zone climatique Nord ne cesse de s’agrandir vers l’Ouest. D’autres villes dont Dimbokro et Gagnoa se retrouvent, quant à elles, dans la zone climatique Centre, au lieu d’être dans la zone climatique Sud. De façon générale, on assiste selon les experts, à une diminution des hauteurs de pluie tombant chaque année sur le territoire ivoirien. Mais ces perturbations de la pluviométrie entrainent depuis quelques années des inondations meurtrières dans le pays.

Les mesures météorologiques bien qu’effectuées depuis 1964, indiquent clairement une augmentation continue de la température moyenne journalière en Côte d’Ivoire. En plus, l’évolution continue du niveau de la mer visible dans les villes de Grand-Bassam et de Grand-Lahou traduit un véritable changement climatique qui impacte directement la vie des populations vivant en Côte d’Ivoire.

LES RISQUES POUR LES POPULATIONS

Les risques liés au réchauffement climatique sont nombreux. Outre les inondations, on note d’importantes menaces sur la sécurité alimentaire. Les bouleversements climatiques et pluviométriques entrainent en effet, une chute de la production agricole due à la combinaison de plusieurs facteurs dont la baisse des hauteurs de pluie, la destruction du couvert forestier et l’apparition de nouvelles maladies des plantes. Les experts indiquent que si le réchauffement climatique continue, des pans entiers du territoire ivoirien, notamment Grand-Bassam et le Port d’Abidjan, seront engloutis, à long terme, par l’océan, suite à l’élévation du niveau de la mer.

Le Dr Brou Nicolas, expert consultant pour l’institut francophone pour le développement durable, ajoute pour sa part que le changement climatique a un impact négatif sur la santé humaine, la sécurité alimentaire, l’équilibre écologique et la biodiversité. Ce qui pourrait entraîner à long terme des conséquences économiques importantes, avec notamment la baisse du Produit Intérieur Brut (PIB) et des menaces sérieuses sur la sécurité alimentaire.

QUELLES SOLUTIONS FACE AU PHÉNOMÈNE ?

Pour réduire le réchauffement climatique en Côte d’Ivoire, il est recommandé la mise en œuvre du protocole de Kyoto, qui préconise une diminution absolue de la quantité de gaz à effet de serre injectée dans l’atmosphère. Pour cela, il faut, selon les climatologues, accroitre la part des énergies renouvelables (énergies solaire, éolienne et hydraulique) dans le mix énergétique tout en réduisant la proportion des énergies d’origine fossile (pétrole, charbon) utilisées à plus de 75% dans la production d’électricité en Côte d’Ivoire.

Le pays doit également procéder à un reboisement généralisé (le pays perd 200.000 hectares de forêt chaque année), pour augmenter la taille du massif forestier, qui fonctionne comme une « éponge à gaz carbonique » absorbant le gaz carbonique émis dans l’atmosphère. Le pays pourrait également se tourner vers l’utilisation des biocarburants. Dr Brou Nicolas préconise pour sa part, un réajustement du mode de vie des populations, un meilleur accès des populations à l’éducation et à l’information contre le gaspillage en indiquant clairement que les ressources naturelles sont un bien commun qui doit être géré durablement.

Il est aussi recommandé d’investir dans le financement de la recherche scientifique permettant d’améliorer le rendement des capteurs d’énergie solaire et éolienne. Le gouvernement ivoirien s’est quant à lui, engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 28% à l’horizon 2030.

Reste cependant à suivre de près l’évolution de la conférence de Paris sur le climat, car de même que les gaz à effets de serre émis dans les principaux pays pollueurs impactent le changement climatique en Côte d’Ivoire, une solution au plan mondial devrait profiter aussi au pays.

Source : Le Journal de l’Economie

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