Décharge d’Akouédo : Voici le bijou qu’on va en faire

La décharge d’Akouédo sera bientôt réhabilitée. Allah Kouadio Remi, ministre de l’Environnement, de la Salubrité Urbaine et du Développement Durable a réceptionné à cet effet, les travaux de réaménagement proposés par le Groupe marocain Ecomed. Selon le projet de réhabilitation dont le ministre a dévoilé quelques lignes, lors d’un échange avec des patrons de presse à la veille de Noël, c’est un véritable bijou qui devra être livré aux autorités ivoiriennes, et aux populations riveraines.

La décharge d’Akouédo, ce lieu qui reçoit les immondices de la capitale économique ivoirienne et cristallise la colère des habitants-riverains connaîtra un grand coup de réaménagement et de modernisation. Une nouvelle configuration qui s’inscrit dans le cadre de la Côte d’Ivoire émergente que veut mettre sur pied le Président Alassane Ouattara. Ce joyau architectural à intérêt écologique et biologique en abrégé SIBE couvre une superficie de 150 ha dont 83 ha seront utilisés pour les activités de mise en décharge, 50 ha pour les cultures ou jachères, 16 ha de terrains nu et 10 ha comme retenue des eaux. Il abritera à la fois un Megapark contemporain et environnemental (Parc public, Parc d’attraction, Golf, Parc de loisirs, Parc aquatique, Parc écologique et Parc zoologique, Parc de loisirs) et des activités primaires comme des complexes résidentiels, des centres commerciaux et hospitaliers, des logements sociaux ultra modernes essentiels à ladite réhabilitation.

En effet, 52% de cette surface sera dédié au Megapark, 16% au résidentiel : (appartements-villas), habitats économiques et logements sociaux recasement et intensification de l’offre en logement (mixité sociale) ; 13% à l’hôtellerie et zone d’activités économiques (centre commercial) ; 10% aux équipements publics (Administrations, centre de santé, école, édifice culturel, centre de qualification professionnelle) ; et 10% au Tertiaire : plateaux de bureau et unité industriels.

Dans ce contexte, cette réhabilitation se perçoit comme un projet urbain. «Eco village balnéaire» ayant pour finalité de combler les plans stratégiques de la ville d’Abidjan. Et dans le même temps se projeter dans une ambiance de développement urbain global et participatif. Il constituera, de facto, une réelle zone d’attrait touristique sur l’échiquier national et international.

DES DÉCHETS TRAITÉS DE MANIÈRE MODERNE ET ÉCOLOGIQUE

Hormis le volet touristique et social, la réhabilitation de la décharge d’Akouédo va porter également sur l’un des éléments importants de cette réhabilitation qui est le traitement des déchets. A cet effet, les conclusions de l’étude de faisabilité ont révélé qu’il se fera par le truchement de trois procédés. Le nivellement et couverture de zones, la gestion des eaux pluviales et la gestion des lixiviats. Rappelons que pour plus d’efficacité dans la gestion de ces déchets, le Groupe Ecomed divisera le site en 4 zones dont deux seront utilisées comme des dépotoirs et les deux dernières comme des espaces libres à l’entrée et à la sortie de la décharge. Au niveau du nivellement, elle va assurer une évacuation gravitaire des eaux pluviales.

Chaque zone sera munie d’une couverture finale constituée des couches suivantes : 40 cm de la terre végétale, 20 cm de couche drainante en gravier sur le plafond, 50 cm de matériaux argileux, 1 m de remblai. En ce qui concerne la gestion des eaux pluviales, elles seront canalisées dans de grands caniveaux, construits sur les deux sites servant de dépotoirs. En outre, il y aura des risbermes (fagots dont on se sert pour combler les fossés d’une place) sur les terrassements des zones qui passeront par des descentes d’eau sur des talus pour aboutir à des bassins.

Enfin, la gestion des lixiviats. Ces lixiviats, nous apprend le rapport, seront collectés dans une bâche en béton et ensuite refoulés vers les bassins de stockage (4 bassins de 9.000 m3), construits pour faciliter le traitement de ces déchets. Cette bâche sera équipée de deux pompes submersibles avec flotteurs de niveau pour démarrer les pompes une fois que le niveau d’eau atteint une hauteur donnée. De plus, les biogaz sortis de la lixiviation des déchets seront également traités. Ils seront confinés dans des puits verticaux. Ensuite traités dans une torchère type fermé où la combustion sera complète. C’est-a-dire sans flamme ni fumée ou polluants sortant de la torchère.

LES DÉCHETS TRAITÉS, SERVIRONT D’ÉLECTRICITÉ ET DE CARBURANT PROPRE

Selon le rapport, les déchets traités, de manière moderne à l’image des grands pays comme la Chine et le Brésil, serviront à produire de l’électricité. Qui peut être utilisés comme énergie propre pour l’éclairage public ou pour la vente. Ce qui augmentera les recettes de l’État et permettra de développer une nouvelle politique d’énergie renouvelable en Côte d’Ivoire. Par ailleurs, le biogaz retenu lors du traitement des déchets de la décharge d’Akouédo servira de gaz naturel comprimé ou liquéfié utilisé comme carburant propre.

Cette réhabilitation de la décharge d’Akouédo puise ces principes d’un pari novateur, porté par ses investisseurs, résolument environnemental, social et durable. Dans la mesure où, cette réhabilitation prend en compte l’écologie, l’énergie renouvelable, la protection de la ressource en eau, l’intensification de l’offre de logement, la création d’emploi et de zone d’activité économique pour retour sur investissement et durabilité.

CE QUI VA VÉRITABLEMENT CHANGER

Avant d’aller à la COP 21 à Paris, la réunion internationale sur le changement climatique qui s’est tenue du 30 novembre au 11 décembre 2015 dans la capitale française, Dr Allah-Kouadio, ministre ivoirien de l’Environnement, de la Salubrité Urbaine et du Développement Durable a pris un ensemble de mesures afin que la Côte d’Ivoire joue sa partition contre le réchauffement climatique et œuvre à améliorer la qualité environnementale. D’où, l’urgence de moderniser la collecte et le traitement des déchets naturels ménagers. C’est à cela que participe la modernisation de la décharge d’Akouédo.

Ainsi, la réhabilitation de la décharge d’Akouédo puise ses principes d’un pari novateur, porté par ses investisseurs, résolument environnemental, social et durable : écologie du projet, énergie renouvelable, protection de la ressource en eau, intensification de l’offre de logements, création d’emplois, création d’une zone d’activités économiques pour un retour sur investissement et durabilité. Parlant du projet environnemental ivoirien, pour nous résumer, il faut voir entre autres : l’écologie et la préservation de l’environnement, la protection de la ressource en eau, le confinement des anciens déchets et remédiation de la pollution, la dépollution du site de la décharge, la valorisation du biogaz, la création de parcs nationaux et réserves naturelles, et la protection et mise en valeur des écosystèmes aquatiques, fluviaux et lagunaires.

En ce qui concerne le projet social, il faut citer : l’accélération des actions de résorption de l’habitat insalubre et des autres composantes du déficit en logement ; contribuer à l’accroissement de la production en habitat social, et la mixité sociale et le développement des programmes de péréquation. Quant au projet sociétal et durable, il prend en compte entre autres, la création d’une zone d’aménagement concertée afin de satisfaire les besoins de la ville en matière d’infrastructures et d’équipements de proximité ; création de pôles d’activités économiques et touristiques, fer de lance pour un développement économique et culturel de la ville ; contribuer à la création de l’emploi et à l’appel aux savoir-faire locaux ; bâtir une ville nouvelle pour contribuer à une greffe urbaine.

 

Source : L’Intelligent d’Abidjan

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