Création d’entreprises/Guichet unique du CEPICI : Entre succès et calvaire !

Dans la foulée des réformes visant l’amélioration du climat des affaires, la mise en place du Guichet Unique de Création d’Entreprise (GUCE) par le Centre de Promotion des Investissements de Côte d’Ivoire (CEPICI) est apparue comme une véritable aubaine pour les opérateurs économiques. D’où le succès retentissant qui s’en est suivi. Toutefois, celui-ci ne semble pas avoir été parfaitement géré par les responsables de cette structure, au point de causer de sérieux désagréments aux candidats à la création d’entreprise.

Ouvert depuis le 2 janvier 2013, le Guichet Unique de Création d’Entreprise (GUCE) du Centre de Promotion des Investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI) constitue une réussite majeure dans les réformes mise en place par les autorités ivoiriennes en vue de l’amélioration du climat des affaires. Le succès que connait ce guichet est le témoignage qu’il constitue une réponse adaptée aux aspirations des opérateurs économiques et autres créateurs d’entreprises.

PLUS DE 5.000 ENTREPRISES CRÉÉES EN SEULEMENT DEUX (2) ANS

Selon les chiffres du CEPICI, on dénombrait un total de 5.983 entreprises créées, entre le 2 janvier 2013 et fin novembre 2014, à travers le GUCE. On y compte 38% d’entreprises individuelles, 57% de SARL et autres (SA, GIE, SCI, Succursales, Scoop, Bureaux de représentation pour 5%. Les entreprises créées exerçant majoritairement dans les secteurs des prestations de services (46%), du commerce et de la distribution (29%), du BTP (13%). Le transport, la communication, l’industrie et les TIC suivent avec 2% pour chaque secteur, puis l’agriculture (1%) et l’éducation/formation (1%) des investissements. Ces chiffres sont parlants. Et démontrent de l’engouement pour la création d’entreprise dont ce guichet a été l’un des moteurs.

UN QUOTA DE DOSSIERS RÉCEPTIONNÉS PAR JOUR

Avec le GUCE, le délai moyen de création d’entreprises qui est passé de 48 heures en 2013 à 24 heures en 2015. Ce qui constitue la matérialisation d’efforts importants mis en œuvre par le CEPICI. Aussi, en vue de tenir les délais en effectuant un traitement convenable des dossiers de création d’entreprises, un quota de 45 dossiers pouvant être réceptionnés par jour a été institué par le CEPICI. Toutefois, vu l’engouement, cette mesure a fini par créer une situation des plus difficiles et désagréables pour bon nombre d’opérateurs économiques.

DES RANGS À 5H DU MATIN

S’il est vrai depuis le dépôt de son dossier, il s’écoule réellement 24 heures pour que son entreprise soit créée, il en est différent pour arriver au dépôt de ce dossier. A ce niveau, on est bien loin des 24 heures. Et, dans ce cas, tout dépend de sa capacité à être un noctambule, doublé d’une bonne dose de chance. «La première fois que je me suis rendu au GUCE, j’y suis arrivé à 8 heures du matin en pensant qu’il était assez tôt. Grande fut ma surprise de constater qu’à cette heure là, le quota des dossiers à réceptionner avait été atteint. Le lendemain, j’ai voulu y être un peu plus tôt. Je suis arrivé à 6 heures du matin. Là encore, je n’ai pas pu déposer mon dossier car, le quota avait été atteint, à mon plus grand étonnement. Ce n’est que le surlendemain que j’ai pu avoir gain de cause. Et cette fois, tenez-vous bien ! J’y étais à 5 heures du matin, mais j’étais quand même le 10ème dans le rang», s’insurge M. LP. Même son de cloche du côté de M. Arnaud B. qui s’est rendu à deux (2) reprises au GUCE. La première fois à 8 heures du matin et la deuxième fois à 6 heures, sans succès. « Je voulais aller régulariser la situation de mon affaire, mais dans ces conditions, je préfère prendre mon temps que de passer toutes mes journées à faire des rangs infructueux. Je n’ai pas que ça à faire et je dois faire tourner mon business », dit-il d’un ton dépité.

Les témoignages de ce genre sont nombreux et ne cessent de se multiplier. Certains, allant jusqu’à passer toute une semaine en train de faire le rang. Les complaintes d’opérateurs économiques nationaux comme internationaux se font de plus en plus entendre quant à cette situation. En effet, il est difficile de concevoir que dans un contexte d’amélioration du climat des affaires, de promotion des investissements et de lutte contre le secteur informel, l’on puisse soumettre les opérateurs économiques tant nationaux qu’internationaux à un tel calvaire. Faire des rangs à partir de 5 heures du matin pour espérer déposer son dossier de création d’entreprise constitue une situation aberrante pour un pays qui prétend faire la promotion des investissements privés. Par ailleurs, c’est faire preuve d’un total manque de respect pour ces opérateurs économiques qui souhaitent injecter leurs moyens financiers pour le développement de l’économie ivoirienne.

UNE MEILLEURE GESTION DU GUCE S’IMPOSE

Du coté du CEPICI, on prétend être en train de mettre en œuvre des actions en vue d’accroitre la capacité d’accueil du GUCE. Toutefois, même si cela est à encourager, une telle solution ne pourrait à elle seule suffire. En effet, il paraît inconcevable que face à un tel afflux d’opérateurs économiques, un système de gestion des flux de personnes ne soit pas encore mis en place. Laissant ces derniers gaspiller initialement leur temps précieux dans la mesure où dans le monde des affaires «time is money».

Un dispositif de prise de rendez-vous en ligne, à partir du site internet du CEPICI s’impose. Une telle solution éviterait aux opérateurs économiques de faire des rangs à des heures peu recommandables, surtout du point de vue sécuritaire. Ainsi, avec un logiciel en ligne de gestion de prise de rendez-vous, tout opérateur saurait clairement, en fonction de sa date d’inscription et de sont rang, la date et l’heure de son rendez-vous au GUCE. C’est une solution assez facile à mettre en œuvre et beaucoup plus respectueuse de la qualité des personnes visitant le GUCE. Souhaitons vivement qu’une solution idoine soit trouvée à ce calvaire que connaissent depuis bien longtemps maintenant les opérateurs économiques ivoiriens et autres candidats à la création d’entreprise à travers le GUCE.

Source : La Tribune de l’Economie

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