Agro-industrie : Des appuis directs pour industrialiser l’Anacarde

Guillaume Gnamien N’Dri, Directeur du Cabinet du ministre de l’Industrie et des Mines, Jean-Claude Brou, a présidé, vendredi, dans un grand hôtel à la Riviera Golf, la cérémonie officielle de lancement de la phase des appuis directs aux entreprises, du programme de développement de la transformation de l’Anacarde en Côte d’Ivoire. Le coût total de ce projet qui prend fin en 2018, est de 7.900.000.000 millions.

Dans un pays qui, comme la Côte d’Ivoire, a un avantage comparatif à produire un grand nombre de produits agricoles sur son sol, le défi est de se donner les moyens de les transformer suffisamment pour accroître la valeur ajoutée, créer des emplois et dynamiser le développement économique.

Dans son discours lu par son Représentant, le ministre Jean­-Claude Brou a noté que le gouvernement exécute une politique industrielle qui met l’accent sur le renforcement du lien production-transformation de l’ensemble des matières premières agricoles de la Côte d’Ivoire, notamment l’Anacarde. Il a, pour ce faire, convoqué une idée forte exprimée par le Président de la République dans son discours d’ouverture lors de la conférence sur l’émergence de l’Afrique en avril dernier : «Il est indéniable que l’accélération de l’industrialisation et la transformation de nos matières premières sont essentielles à la consolidation et à la pérennisation d’une croissance forte et durable …».

L’Anacarde, de par sa position essentielle dans l’économie ivoirienne, peut contribuer à réaliser cet objectif. Sa production a connu une expansion notable ces dernières années.

UNE PRODUCTION EN CROISSANCE, MAIS …

De 63.379 tonnes de noix de cajou en 2000, cette production est passée à 450.000 tonnes en 2012 et à plus de 500.000 tonnes en 2013. Elle est estimée à 550.000 tonnes en 2014, soit près de 20% de l’offre mondiale de noix de cajou, faisant ainsi de la Côte d’Ivoire le premier producteur africain et le deuxième producteur mondial de noix de cajou brutes après l’Inde. Cette production connaît une croissance annuelle de l’ordre de 11% de 2012 à 2014 et a dépassé la barre des 600.000 tonnes en 2015. La production de l’Anacarde occupe environ 250.000 producteurs et fait vivre près de 2,5 millions de personnes.

Cependant, le processus de transformation de la noix brute, abondamment disponible en Côte d’Ivoire, est une gageure dans un contexte marqué par un très faible niveau de valorisation. Les capacités de transformation installée, ne couvrent que 16% de la production. Le taux de transformation, à savoir le ratio de la quantité de noix brutes transformées sur la production nationale (5,2% en 2012 ; 6,3% en 2013 et 6,9% en 2014), n’est que de l’ordre de 8% actuellement, traduisant de faibles taux d’utilisation des capacités installées. Qui étaient respectivement de 44% en 2012, 53% en 2013 et de 48% en 2014. Aussi, près de 90% de la production est-elle exportée sous forme de noix brutes vers les pays leaders de la transformation tels que l’Inde, le Vietnam et le Brésil. Cette situation déjà très fragile se double de contraintes majeures qui freinent le développement de l’industrie de la transformation de l’Anacarde en Côte d’Ivoire.

Parmi ces hypothèques identifiées, figurent la maîtrise insuffisante par les producteurs des techniques de conservation des noix de cajou brutes, la faible capacité des transformateurs à respecter les normes de qualité des pays importateurs d’amendes, la maîtrise insuffisante des bonnes pratiques de fabrication au niveau des unités de la transformation, la non maîtrise des choix technologiques et des techniques de la transformation. Il serait difficile d’occulter les difficultés d’accès au financement tant des équipements que de l’explication des unités de transformation.

DES SOLUTIONS VIABLES

La situation n’est pas si désespérante, car  le gouvernement a imaginé des solutions pour tirer profit des potentialités de la transformation de l’Anacarde. En décembre 2013, il a adopté le programme de développement de la transformation de l’Anacarde. Il vise, de façon générale, à lever les contraintes majeures du secteur de la transformation pour accroître le taux de transformation des noix brutes pour le porter à 100% en 2020.

Cet objectif va se réaliser à travers deux axes stratégiques qui font appel à l’initiative privée. Ils s’articulent autour de la promotion des investissements privés nationaux et étrangers pour la transformation de l’Anacarde à travers l’amélioration du climat des affaires et du cadre institutionnel et règlementaire, le renforcement et la dynamisation de l’appui ciblé de l’Etat pour accompagner l’initiative privée.

Le programme, initié par le gouvernement se décline en quatre composantes principales : la facilitation de l’accès au financement pour la transformation, l’appui à l’amélioration de la qualité et des infrastructures de qualité, l’appui à la commercialisation et l’appui au renforcement des capacités managériales, techniques et technologiques. Pour tenir le pari du relèvement du taux de transformation de la production de l’Anacarde, les entreprises vont bénéficier, à coût partagé, des appuis directs portant sur les trois dernières composantes. Ainsi, des mesures d’accompagnement ont déjà été prises ou sont en cours. Il s’agit d’un fonds de garantie pour faciliter le financement des investissements logé à la BNI et doté d’un montant d’un milliard en 2015 ; de la réduction du coût de la validation de l’étude d’impact environnemental et social qui a baissé de 13,5 à 5,5 millions de FCFA. Il s’agit également de la loi portant organisation du système de récepissé d’entreposage qui devrait, à terme, faciliter les échanges des produits et la sécurisation des stocks tant au niveau de la quantité que de la qualité pour les transformateurs, en priorité, durant toute l’année.

Ce système présente des avantages indéniables qui peuvent rassurer les banques et établissements financiers pour le financement des voix brutes pour la transformation. Pour assurer un accompagnement efficient des entreprises, le gouvernement a mis en place un volet d’appuis directs aux entreprises. Les entreprises de transformation et les cabinets sélectionnés après un appel d’offres international ont exposé leurs politiques pour rendre une cinquantaine d’entreprises ivoiriennes de transformation de noix de cajou, d’ici 2018, totalement performantes. Avec des indicateurs de performance qui pour la qualité seront à 40%, pour la commercialisation à 50%, pour la capacité managériale à 50%, pour la capacité technique et technologique à 50%, pour le fond de roulement à 50% et supérieur à 50% pour l’accès aux financements.

Source : Fraternité Matin

Mots-Clés

Articles que vous pourriez aimer...

0 Commentaire(s) sur “Agro-industrie : Des appuis directs pour industrialiser l’Anacarde”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A propos de Serendipité

Lire plus :
L’ICCO organise son premier forum des producteurs de cacao

Le premier forum des producteurs de cacao se tiendra, le...

Fermer