3e Rapport sur la situation économique récente de la Côte d’Ivoire/Pierre Laporte : « Il faut un secteur financier efficace, moderne pour aller à l’émergence »

Depuis 2012, la situation économique de la Côte d’Ivoire est très bonne avec le deuxième taux de croissance le plus élevé en 2015 d’Afrique Subsaharienne (9%) après l’Ethiopie. Les perspectives sont également positives, donc le pays peut aller à l’émergence si elle poursuit sur sa lancée. Comme un TGV, sa forte croissance avoisinera les 10% avec des voyants fiscaux et financiers tournés vers le vert.

Cependant, «cette croissance n’est pas automatique» et des signes indiquent qu’il y a lieu d’être «prudent et vigilant», car «le pays est exposé aux chocs externes». En témoignent déjà «la chute des exportations, l’explosion des prix des denrées alimentaires et l’insécurité (terrorisme)». Tel est le constat dressé, hier, par Jacques Morisset, Coordonnateur sectoriel département Gestion macroéconomique et fiscale pour le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Togo. Et qui a été soutenu par Pierre Laporte, Directeur des Opérations de la Banque Mondiale, mais aussi par le Premier Ministre, Ministre de l’Economie, des Finances et du Budget, Daniel Kablan Duncan. C’était à l’occasion de la présentation officielle du troisième rapport sur la situation économique en Côte d’Ivoire sur le thème «La course vers l’émergence : pourquoi la Côte d’Ivoire doit ajuster son système financier» (juillet 2016, troisième édition).

Une cérémonie qui s’est déroulée à l’Auditorium de la Primature sous la présidence du Chef du Gouvernement, assisté de quelques Ministres et en présence de Dirigeants de banque, d’Universitaires et d’Opérateurs économiques. Pour garantir «une croissance forte et soutenue», Jacques Morisset recommande des réformes y compris dans le secteur financier afin de favoriser la compétitivité des entreprises. Ainsi, quatre pistes de solutions ou «défis» à relever. Entre autres, assurer «la croissance partagée, des gains de productivité, une meilleure gouvernance et le financement de la croissance». En effet, l’économiste déplore la faible inclusion des populations, le fort taux de pauvreté malgré des taux de croissance élevés et une économie qui compte plus sur les investissements directs étrangers que les ressources intérieures. Pierre Laporte précise que «la particularité de cette troisième édition est que ses acteurs ont mis l’accent sur la problématique du développement du marché financier local qui, depuis 2012, ne cesse de se transformer». Cependant, déplore-t-il, «la profondeur du système financier ivoirien reste encore éloignée des standards que l’on retrouve dans les pays à revenus intermédiaires en Afrique et même par rapport au Sénégal ou le Togo».

Pourtant, «il faut un secteur financier efficace, moderne pour aller à l’émergence. Il ne faut pas baisser les bras, de gros efforts restent à faire», a prévenu Laporte. C’est d’ailleurs la deuxième partie du rapport de 50 pages : «Comment adapter le système financier de la Côte d’Ivoire au défi de l’émergence ?». Et selon le rapport, cette situation s’explique par la réticence des épargnants à placer leurs économies dans les banques (15% des épargnants, alors que le ratio dépasse 25% en Afrique) et la prudence de ces derniers à octroyer des crédits en raison de coûts de transactions et de risques élevés », note Jacques Morisset. Qui recommande une triple réponse : «rendre les banques plus performantes dans leur fonction d’intermédiation financière, diversifier le système financier, et mieux protéger et éduquer les consommateurs». Ce rapport intervient après les deux premiers portant sur les thèmes : «Performances économiques ivoiriennes depuis la fin de la crise post-électorale» (mars 2014) et celui sur la problématique de l’emploi (2015).

 

Source : Fraternité Matin

 

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