Brigith GBADI, Sociologue-Consultante indépendante : « Notre pays doit sortir de la mauvaise gouvernance ».

Spécialiste genre à SUNY, le programme d’appui à l’Assemblée nationale de l’USAID, Madame Brigith GBADI partage pour carnetdadresses.info sa vision pour atteindre l’émergence.

  1. Quel est votre parcours, comment êtes-vous arrivée à ce poste ?

Sociologue de formation, j’ai un diplôme d’étude approfondie en sociologie, option santé publique. Je me suis spécialisée par la suite, en droit du genre et des violences basées sur le genre – VBG. Depuis 2004, je travaille dans les organisations internationales et agences du Système des Nations Unies. J’occupe actuellement le poste de Spécialiste Genre à SUNY une branche de USAID relative à l’accompagnement du parlement ivoirien.

Je suis également humanitaire.

2. Quelles sont les compétences professionnelles et les qualités qu’il faut avoir pour pratiquer ce métier ? Y a-t-il une voie royale ? (Formation) – Perspectives d’évolution?

Pour pratiquer ce métier, il faut avoir les compétences corporatives qui permettent le travail dans un environnement multiculturel. L’apprentissage continu est aussi un atout pour une personne qui travaille sur des thématiques évolutives.

Dans le cadre particulier de l’humanitaire, il faut du courage et un désir d’aider son prochain. Le travail d’Expert Genre et VBG demande qu’en à lui une motivation pour la justice.

Un Expert a la possibilité de travailler sur tous les aspects d’une thématique selon l’évolution de celle-ci tout en prenant en compte les concepts nouveaux.

3. En quoi consiste votre métier aujourd’hui ? (description des missions)

Accompagner les femmes parlementaires et tous les députés sensibles au genre pour la mise en place d’une Commission Permanente Genre chargée de l’intégration du genre dans les textes de loi et les budgets..

4. Quelle est la situation dans l’exercice de vos fonctions actuelles qui vous a marqué ?

Il est vrai que je suis nouvelle à ce poste mais l’accompagnement des organisations permet de noter les difficultés organisationnelles des institutions ivoiriennes d’où la nécessité d’encourager  le plus d’accompagnement pour les rendre fortes.

5. Selon vous, quels dispositifs institutionnels ou organisationnels nos Gouvernants seraient bien inspirés de mettre en place et/ou de favoriser pour faciliter le lien entre vie privée et carrière professionnelle des Femmes décideurs en Côte d’Ivoire? (exemple du temps partagé, travail à mi-temps, travail à la maison, crèches d’entreprises,…)

Je pense que les femmes décideurs sont assez conscientes de la gestion du temps entre vie professionnelle et vie privée. Mais de façon générale, l’ivoirien a du mal à organiser son temps de travail si bien qu’il pense travailler plus de 8h de temps pour fournir un faible résultat. Pour ma part, ce n’est pas le temps mis sur le lieu de travail qui caractérise la qualité du travail.

Le système de pointage permet certes de réguler la présence effective du travailleur mais la mise à disposition de fiche de poste et de termes de références clairement définis serait plus profitable au rendement et à la vision d’amélioration des conditions de vie des populations.

6. Dans l’exercice de votre fonction, estimez-vous subir des inégalités liées au genre ? Des exemples ?

Non.

7. Que pensez-vous de la représentativité des femmes en comité de direction?

Les femmes sont assez présentes à ce niveau.

8. Un conseil à l’endroit des jeunes femmes en Côte d’Ivoire et des Hommes relativement à leur regard sur la femme en Côte d’Ivoire.

Les femmes doivent comprendre leur importance pour le développement de la nation et se mettre sérieusement au travail. Les générations après l’indépendance doivent considérer la question des droits de l’homme comme une condition sine qua non pour le développement humain des populations. .

9. Un coup de gueule et un coup de cœur à l’endroit de l’environnement des affaires.

La politique de l’autonomisation doit prendre en compte aussi bien les besoins spécifiques des femmes que des hommes afin de lutter contre l’état de pauvreté que connait notre pays. C’est seulement dans cette perspective que les femmes vont connaitre la vraie autonomie financière.

Au-delà des finances, notre pays doit sortir de la mauvaise gouvernance pour permettre un épanouissement réel des populations de façon générale et permettre aux entrepreneurs hommes et femmes de contribuer à l’émergence..

Question subsidiaire : Qui aimeriez-vous lire pour la prochaine interview ? Quel est votre modèle ?

Les femmes des collectivités locales.

source : Carnetdadresses.info

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