La gestion de crise passe obligatoirement par une stratégie média

En situation de crise, certains acteurs sont tentés par le silence. L’aspect positif est que cela permet de ne pas se mettre en porte à faux, en revanche le risque est de laisser les médias interpréter la situation, réduisant très fortement la flexibilité des décisions et actions que l’on va entreprendre. De plus, la première perception que les médias véhiculent d’une crise est très souvent irréversible.

C’est pourquoi il est important d’intégrer la communication de crise en prenant en compte certaines données.

Ne pas être ambiguë au risque d’entraîner une amplification négative de la crise. Il faut impérativement éviter toute forme d’entreprise négative par rapport à la crise. Pas d’humiliation, pas de vexation, pas de discours de supériorité. Il est nécessaire de maintenir une communication possible avec les adversaires afin de laisser une porte de sortie. Cela suppose d’intégrer l’adversaire dans ce qu’il est, avec beaucoup de retenue et d’objectivité (également dans l’expression).

Trouver des appuis

Il va falloir trouver des appuis aussi larges que possible, même des acteurs qui ne sont pas concernés. Cela permet de faire légitimer nos actions par des tierces, ce qui est bien plus efficace, il y a moins de suspicion. Le nerf de la guerre et l’élément le plus stratégique dans la gestion de crise, ce sont les médias. Les médias sont sans aucun doute l’arme la plus puissante.

Néanmoins, il s’agit d’un jeu à double tranchant, car la sphère médiatique répond à des impératifs d’urgence, de sensationnel et aussi dans une certaine mesure de rentabilité. Qu’il s’intéresse à notre situation ne veut pas dire qu’ils vont aller dans notre sens, et devoir affronter une contre-offensive médiatique est un exercice extrêmement périlleux.

Envisager tous les scénarios

À partir des informations que l’on va récupérer, on va élaborer des scénarios différents/des variantes. Il faut envisager dans les détails chaque scénario et chaque conséquence. C’est une fois ce travail effectué que l’on pourra identifier à quel moment la balance sera plus positive que négative.

La crise ne s’appréhende pas de manière isolée, mais rentre dans une suite logique. On peut présager la naissance d’autres crises. Il faut en permanence songer à cette période de sortie de crise. Certes, en prenant en considération les éléments du présent, mais sans jamais trahir un capte que l’on s’est fixé, sinon on perd le statut d’interlocuteur crédible.

Une vision sur le long terme

La crise doit être gérée sans oublier qu’après il faut assumer les décisions. Ne pas prendre des décisions irréversibles, mais surtout qui n’auront pas un effet néfaste sur le long terme. Il ne faut pas perdre de vue que d’autres crises vont arriver, ce qui implique donc de créer un partenariat de confiance avec les partenaires existant de manière à pouvoir les solliciter dans le futur. Même si une crise peut se jouer sur le court terme, il faut toujours penser sur le long terme et sur le court terme.

 

source : Les Echos

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